Réponse à la lettre du ministre sur la violence Monsieur le Ministre, Je me permets de m’adresser directement à vous, en ma qualité de professionnelle, enseignante et parent d’élève. Ces dernières années, vous avez constaté de nombreuses violences au sein de l’Ecole de la République, dont une montée des agressions et des harcèlements. Le harcèlement et la violence scolaire ont toujours existé, mais ce n’est que récemment qu’ils commencent à être médiatisés pour ce qu’ils sont vraiment : des agressions, et non pas des « rites de passage ». Moi-même en ai fait les frais lorsque j’étais plus jeune, et lorsque j’ai eu des enfants, j’ai dû leur apprendre à contrer cette violence par différents moyens. Pour un de mes fils, le harcèlement était si grand que j’ai dû le retirer de l’école pour l’enseigner à la maison. Oui, les professeurs sont en insécurité, mais les élèves aussi, et de nombreux parents sont démunis comme moi à l’époque. Je suis d’accord qu’une telle situation est inacceptable, pour nos enfants comme pour l’institution et ses personnels. Ce serait tellement plus simple si les harceleurs… n’harcelaient pas en premier lieu ! Lorsque nous confions notre enfant à l’École, nous le confions à des femmes et à des hommes qui ont choisi de dédier leur vie professionnelle à le/la faire progresser… intellectuellement. Mais pour faire progresser émotionnellement, que faisons-nous vraiment ? A part, bien sûr, fournir des psychologues qui aident souvent seulement après les épisodes difficiles. Que faisons-nous en amont de ceux-ci ? Nous nous mobilisons chaque jour pour faire réussir nos enfants, mais nous ne pouvons y parvenir sans vous. Vous vous êtes engagé à lutter contre le harcèlement en 2023. Je vous en remercie. Cependant, cet avenir ne peut se construire si les adultes ne sont pas équipés de savoirs fondamentaux à transmettre ensuite à leurs élèves. La situation me semble donc exiger un sursaut collectif pour préserver ce qui nous unit. Les parents enseignent beaucoup à la maison, mais ils ne savent pas tout. Les enseignants non plus. Leur réussite n’est possible que si vous vous engagez à leur fournir ce dont ils ont vraiment besoin : un enseignement sur la gestion des besoins émotionnels. Face au fléau de la violence et du harcèlement, nous avons aussi besoin de votre implication personnelle en tant que ministre. Je partage votre avis sur l’Ecole. En théorie, c’est un lieu où on apprend à respecter les autres, apprécier la diversité, s’instruire… mais devenir autonome et vivre en société ? L’autonomie émotionnelle n’est aujourd’hui enseignée nulle part. Chercher à réguler la violence ne suffit pas. Il s’agit de travailler à la source de celle-ci. Dans ma profession de métapédagogue, j’entends régulièrement de nombreux parents démunis, qui ne savent pas comment aider leurs enfants à gérer leurs émotions au mieux. Il nous faut donc mieux former. Oui, les comportements violents ont des causes multiples ; mais la méconnaissance générale de ses propres émotions est la cause qu’il vous serait probablement la plus facile à résoudre aujourd’hui, pour protéger nos enfants. Une simple lettre ne vous suffira pas, monsieur le Ministre. Encore moins pour les 3 millions d’illettrés en France qui ne pourront pas la lire. Nous avons donc besoin de vous, monsieur le Ministre. Besoin que vous organisiez des temps de formation émotionnelle aux parents et enseignants, afin qu’à leur tour ils puissent l’enseigner aux enfants. Besoin de votre vigilance pour qu’un jour, il n’y ait plus d’auteurs de violence à sanctionner du tout. Il n’est pas de plus grand bonheur, pour tout parent, que de voir son propre élève progresser et s’épanouir. Cela, nous le construisons ensemble chaque jour. Vous comptez sur nous ? Alors voici ma contribution. Au sein de mes formations en métapédagogie, j’enseigne déjà l’autonomie émotionnelle. Pour les parents occupés, j’en construis actuellement une autre, plus courte, qui pourra j’espère contribuer à débloquer la situation. Pour être tenu au courant, et l’adapter selon vos besoins, il suffit de me contacter. En vous remerciant par avance, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à toute ma considération. Christine MayerFondatrice d’Upbraining